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Un roman, quatre personnages, quatre couleurs

Un livre, quatre couleurs : les coulisses

Bienvenue à toi, ô lecteur, ô lectrice, dans l’antre des indices… Ici, je te partage tout ce que je peux dévoiler sur le thème du prochain set d’aquarelles artisanales de fin 2026.

Tout d’abord, si tu ne le sais pas, chaque année, quasiment depuis les débuts de La Palette de la Merlette, je choisis un thème parmi les contes. Cette année, je ne romps pas totalement avec cette habitude… Mais je change de siècle : le prochain assortiment va en effet porter sur une histoire écrite par une écrivaine contemporaine.

Oui, oui, tu as bien lu. J’ai choisi un roman paru ces dernières années. L’écrivaine, la maison d’édition et l’illustratrice de la couverture ont accepté que je travaille avec ce roman comme inspiration. J’ai adoré l’univers et je ne souhaite qu’une chose : te le faire découvrir à travers mon travail.

J’ai préparé un jeu de piste qui sera entièrement regroupé sur cette page, que je viendrai mettre à jour petit à petit. Je te propose des indices en photos, en dessins, en mots. Les photos et les dessins sont de moi. Les citations (dans la section Quelques répliques…) proviennent du roman.

Joue le jeu, ô lecteur, ô lectrice : si tu trouves en trichant, motus et bouche cousue !!!

Entrons en scène : pourquoi ce livre ?

Un roman qui nourrit mon imagination de fabricante de couleurs

Il y a maintenant 2 ou 3 ans, j’ai tout de suite pensé qu’il y avait de la matière pour des aquarelles artisanales, et l’écrivaine a trouvé l’idée géniale dès le début.

  • Les thèmes du roman, l’écriture, l’imaginaire, absolument tout évoque la couleur et la matière.
  • C’est graphique, facile à visualiser, et en même temps, ça nous pousse à imaginer autrement.
  • Il explore à sa manière le monde de la créativité et de l’artisanat (un sujet qui m’intéresse, tu t’en doutes).
  • Il porte un message d’espoir, et je pense que nous en avons besoin !

Un roman qui appelle les couleurs

  • C’est un roman qui se rapproche du conte car c’est de la littérature de l’imaginaire.
  • C’est une histoire d’aventure, de liberté et de complots, portée par un univers très visuel et une société profondément hiérarchisée. Les personnages y sont confrontés à des choix qui ne sont jamais tout à fait noirs ou blancs, ce qui explique sans doute pourquoi le roman m’a autant inspirée pour créer des couleurs.
  • Les personnages sont charismatiques, approfondis et tous sont attachants à leur manière. Je dirais même que tu te sentiras un peu triste quand ils tireront leur révérence.
  • C’est un roman en un seul tome, donc tu n’as aucune excuse pour ne pas le lire.
  • Il existe une version livre audio très bien lue par deux voix merveilleuses.
  • Il vient de sortir en poche, ce qui est très pratique !

À toi d’endosser le rôle de l’enquêteur…

Je t’invite déjà à observer attentivement les indices glissés sur le montage photo ci-dessous. Certains sont importants, d’autres servent surtout à installer l’ambiance. À toi de déterminer lesquels !

Si tu dévores la littérature fantasy et que tu suis un peu les prix littéraires, tu trouveras peut-être plus ou moins facilement le titre de ce roman mystère. Si ce n’est pas ton type de lecture, j’espère tout de même te transmettre ce qui m’a fait vibrer et, pourquoi pas, te donner envie de découvrir ce roman.

  • mes aquarelles dans leur magnifique coffret « papier de musique » (ce n’est pas innocent)
  • les outils ont une importance à mes yeux en tant qu’artisane, même s’ils ne servent pas directement mon propre artisanat. As-tu remarqué à quelle catégorie de métiers ils appartiennent ?
  • il y a des rubans, et ce n’est pas un hasard !
  • la lune, le soleil, les éléments… serait-ce une piste pour découvrir de quoi parle le roman ?
  • Origami, pâtisserie, couture… quel curieux mélange n’est-ce pas ?
  • il y a deux éléments qui sont des photos provenant du musée des Augustins à Toulouse (j’ai trouvé des indices jusque dans ma vie quotidienne, oui !) : ce sont des éléments plutôt décoratifs et qui contribuent à l’ambiance !
  • la tarte à la framboise vient de chez Fika, un salon de thé suédois rue du Taur à Toulouse (et elle est merveilleuse) : Elle est l’un des éléments qui reviennent régulièrement dans le roman.
  • évidemment il y a un carnet avec une couverture « page de livre », pour la déco 😉

Le rideau se lèvera bientôt sur une nouvelle collection…

Laisse-toi porter, et imagine ce que donnerait un set inspiré de ce moodboard coloré !

Le choix des quatre couleurs a été ardu. L’univers du roman mystère est très haut en couleur. Le roman offre une étoffe particulièrement riche.

Finalement, elles sont basées sur quatre personnages du roman. Ils ont tous un rôle important dans l’histoire, et ça a été dur de trancher, mais je trouve que l’ensemble fonctionne parfaitement. Si tu connais le roman, je pense que tu commences à voir où je veux en venir.

D’après le montage photo, tu comprendras que les quatre aquarelles sur lesquelles je travaille seront scintillantes ! J’espère les rendre magiques, notamment grâce à des effets duochromes.

Quelques répliques…

Je te laisse découvrir un peu le vocabulaire et l’ambiance du roman à travers quelques citations… Que t’évoquent-elles ?

Nous sommes en retard sur la comtoise et le jour ne rajeunit pas.

Nom d’un croquignolet décousu, c’est la boîte à rafistole qui se moque de la trousse de couture !

Plumes de colombe, vin épicé, liqueur d’orange et le ronronnement satisfait d’un chat montgolfière.

[…] nul n’échappait à la volonté de l’Opéra.

Premier acte : résumé du roman

Tant que le titre du roman n’est pas dévoilé, je reste discrète sur le résumé. Mais pour t’en dire quand même un petit peu : nous suivons un personnage féminin, assez timide, qui virevolte dans les différentes strates d’une société très hiérarchisée. L’histoire, qui tourne globalement autour de ce personnage, va évoluer durant la seconde moitié du roman et prendre une tout autre ampleur.

Tout y est surprenant : l’univers, le langage, la tournure des évènements. C’est un roman vraiment à part.

Si tu aimes les personnages avec une vraie personnalité, des complots, de l’amitié, de la loyauté, de la famille, de l’amour, de la confrontation… alors ce roman est pour toi !

Rendez-vous début novembre pour lever le rideau 😉

Ô lecteur, ô lectrice, si tu es parvenu(e) jusqu’ici, tu as compris l’ambiance du prochain set d’aquarelles artisanales, même si le titre reste secret.

Je te donne rendez-vous début novembre dans la prochaine infolettre pour tout révéler ! D’ici là, la page sera régulièrement mise à jour, et tu pourras suivre les coulisses sur Instagram.

Les quatre aquarelles artisanales, disponibles en édition limitée, sortiront entre novembre et décembre 2026. Pssst, les abonnés à l’infolettre seront les premiers avertis.

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Explorer l’aquarelle à travers le Foxy Loir Challenge « 5 jours 5 monstres »

C’est quoi le Foxy Loir Challenge ?

Le Foxy Loir Challenge est un challenge créatif lancé sur les réseaux sociaux par deux copines créatives Julie de @fantastiquemadamefox et Claire de @lapanthereloir. La première adore les paysages, les renards et l’aquarelle, mais aussi les neo color. La seconde est illustratrice en fantasy et manie aussi bien l’aquarelle que le digitale.

Deux fois par an, elles se réunissent pour concocter ce challenge qui dure sur une mini semaine. Juste avant Inktober, elles proposent la version « 5 jours, 5 monstres » et cette année le thème portait sur les éléments : l’eau, le feu, la terre, l’air puis l’esprit. De quoi vraiment créer en toute liberté du 23 au 27 septembre 2026 !

Mon angle d’attaque créatif

Depuis trois ans que je suis le Foxy Loir Challenge, j’ai dû rater une seule édition par manque de temps. Pour participer et quand même trouver le temps de travailler, manger, et vivre (lol), j’ai pris plusieurs décisions avant de ne pas passer plus de 3h par jour sur chaque illustration.

  • un thème principal : le folklore français (imaginé ou mythe établis)
  • un format petit : le polaroïd dans un carnet accordéon fait par mes soins avec du papier 100% coton
  • un croquis basique : des recherches rapides au crayon mais ni croquis trop long, ni transfert de dessin avec un calque ou une table lumineuse, juste à main levée.
  • une session d’aquarelle courte avec peu de couches
  • pas de recherche préalable sur les couleurs, à l’instinct et à l’envie.
  • un matériel restreint : un crayon de bois, une gomme, un crayon fin waterproof gris et ma palette d’aquarelles artisanales de voyage

Ainsi, j’ai fait en sorte de ne pas passer trop de temps sur chaque aquarelle. J’ai quand même consacré, sans compter les histoires que j’ai écrites à côté, au moins 2h30 pour chaque thème.

Alors, c’est parti, je vous emmène avec moi dans cette aventure « monstrueuse », pas si monstrueuse.

Mini avertissement : si le plésiosaure a existé (même si ce n’était pas dans les lacs en tant que squelette fantôme), la sirène des volcans est une totale invention de ma part et ne repose pas sur du folklore existant. La légende de la Bête du Gévaudan existe, mais pas celle du renard du Larzac. Les histoires autour de la Dame Blanche sont nombreuses, mais j’ai inventé ma propre version. Pour finir, libre à chacun de croire que ces entités existent réellement ou non 😉

L’eau : le plésiosaure hantant les lacs de France

Le plésiosaure hantant les lacs de France (car en bon fantôme/squelette, il va où il veut…).

Le plésiosaure était un grands reptiles marins prédateurs (et non pas un dinosaure comme je l’ai raconté sur instagram). Il avait plein de dents retroussées vers l’arrière pour empêcher ses proies de sortir de sa gueule… Vous frissonnez n’est-ce pas?

Au lieu de hanter les mers, où il pourrait rencontrer des rorquals ou des baleines… Notre plésiosaure préfère loger dans nos lacs français. Il aime se régaler d’un plongeur ou d’un nageur aventureux.

Mon inspiration est le squelette retrouvé en Occitanie à côté de Tournemire en Aveyron. Une reproduction de ce squelette est actuellement visible dans le village et l’original est au musée de Millau. Si j’aimais déjà l’Aveyron, c’est clairement un point en plus pour cette belle région. Je suis une fan girl de monstres et animaux marins.

J’ai enfin pu tester ma nouvelle palette de voyage, que je venais juste de préparer ! Elle est parfaite évidemment ! Trente couleurs de ma fabrication, des emplacements pour des pinceaux, une palette de mélanges par Lucie de La Pigmentière.

Les couleurs en guest star : Vol d’hirondelle pour le bleu ciel et Ardesia.

Le feu : la sirène des volcans

La sirène des volcans est un être bien particulier… faite de pierre, et non de chaire, elle ne vit que de lave et d’âmes d’aventuriers égarés.

Elle se trouve initialement dans les volcans de la Chaîne des Puys, en Auvergne. Depuis que ces volcans sont éteints, personne n’en a plus vu une seule.

Enfin, ceci dit, personne n’est jamais revenu entier d’une rencontre avec l’une d’elles.

Ma palette de voyage d’aquarelles artisanales toujours en service avec en guest star : les rouges Somnia et Corail mais aussi le nouveau jaune froid Séléné.

La terre : Le renard du Larzac

Le renard du Larzac est un lointain cousin du loup du Gévaudan. Il est moins connu car plus discret. Il faut dire qu’il n’a pas défrayé la chronique en dévorant goulument des vierges, des enfants et des brebis. Il a un régime strictement végétarien. Il adore les lapins, en vie.


Il a parfois été aperçu de nuit, mais il aime se promener dans le Larzac de jour en compagnie de sa sorcière. Si lui est immortel, la sorcière ne l’est pas.

« Les sorcières du renard sont magiciennes de mère en fille. L’actuelle sorcière aurait une vingtaine d’années d’après les rares témoignages recueillis dans la région.
Elles sont appelées sorcières, mais elles sont soigneuses. Remplaçant les hospitaliers, elles assurent les soins aux voyageurs et aux pèlerins.
Elles ne se mélangent pas à la population locale. Excepté pour trouver un géniteur, qu’elles ne reverront plus ensuite, leur seule compagnie étant le renard du Larzac. C’est d’ailleurs lui qui les élève à partir de leur quinze ans, leur mère mourant assez tôt. »
(Extrait d’archives datant de 1909)

Pour les aquarelles artisanales utilisées : beaucoup de mélanges évidemment, mais notamment le vert Sous les nénuphars du Set Poucelina, qui est si flamboyant !

L’air : la Dame Blanche

La Dame Blanche est une légende assez connue. On l’a trouve sous plusieurs formes à travers la monde.

En France, et plus particulièrement en Normandie, La Dame Blanche est une sorcière métamorphe. Elle est connue sous la forme d’une belle chouette effraie dont l’envergure dépasse de loin celle de ses filles, les petites Tyto Alba (c’est le nom scientifique de la chouette effraie).

La nuit, sous sa forme de rapace, elle arpente les plaines. Son terrain de chasse préféré : les campeurs sauvages. Si vous avez le malheur de dormir plus d’une nuit au même endroit, gare à vous. Le bivouac est plus que recommandé sur les Terres Normandes. Et pour les petits malins, attention, la Bretagne n’est pas loin…

Le jour, elle redevient femme. Si vous la croisez, vous la reconnaîtrez à son apparence très proches de celle de l’effraie. Sa chevelure grise, sa robe ocre ornementée de broderie et de bijoux de pierres de lune, son teint blanc qui rappelle la pâleur de la mort.

C’est une sorcière discrète et bienveillante. Elle a à cœur de protéger son territoire ceci dit. Soyez un randonneur sage et respectueux de votre environnement et votre pèlerinage en terres normandes devrait bien se passer. Ayez l’outrecuidance de jeter ne serait qu’un mouchoir en papier ou un trognon de pomme et vous tomberez peut-être sur elle à la tombée de la nuit.

Sa vision est perçante, vous ne pourrez pas la berner.

La Dame Blanche attire autour d’elle son peuple, et c’est pour cette raison que la chouette effraie est un rapace qu’on trouve beaucoup en Normandie (mais pas seulement). Notamment dans les clochers et les bâtisses abandonnées.

J’ai testé de gratter le papier avec un cutter fin pour faire réapparaître le blanc du papier et… j’adore le résultat !

Et pour les aquarelles artisanales : l’ocre jaune doré Capitouls et le bleu Pastel des teinturiers du set La Garonnette, les couleurs éphémères gris Cygnon, gris de payne Ardesia et mon nouveau bleu ciel Vol d’Hirondelle du set Poucelina.

L’esprit : le Diable

J’ai eu beaucoup d’idées différentes. J’ai d’abord voulu essayer de récupérer la légende de Dracula et de la transformer pour correspondre à une légende locale française, puisque les vampires ont justement ce pouvoir sur les hommes et les femmes de manipulation de l’esprit, d’envoûtement notamment.

Mais j’ai fini par opter tout simplement pour le Diable.

Le diable, du grec diabolos, est celui qui divise, celui qui trompe, celui qui ment, celui qui contrôle…

Le Diable n’est pas une entité uniquement française. Notre dernière scène ne se situe donc nulle part en particulier : elle pourrait se dérouler partout, en vérité. Ceci dit, je n’ai pas fait de recherches approfondies, il doit bien exister des figures proches du diable dans notre folklore.

Pour mon illustration, on peut voir un homme, un pauvre pêcheur, qui s’en remet à Dieu pour sauver son âme. Mais il idolâtre la mauvaise entité… il l’ignore mais le Diable lui susurre des mauvaises pensées. Il va le conduire malgré lui à sa perte.

Selon les cultures et les époques, le Diable n’est d’ailleurs pas toujours représenté de la même manière. J’ai choisi de coller à une de ses représentation commune (en partie du moins) : une forme humanoïde, une chimère mi-bouc, mi-scorpion… mais attention le Diable peut aussi être beau.

Là, il incarne celui qui cherche à détourner le brave et le pieux de son chemin de bon chrétien en murmurant le mal…

Une idée qui m’est notamment venue du passage de la Bible où Jésus part dans le désert pendant quarante jours et quarante nuits. Il y est tenté par le Diable, qui va tout faire pour le dévier de sa piété.

Pour peindre j’ai joué avec plusieurs couleurs. La principale étant Ardesia, la couleur éphémère de février 2026. Le ciel se partage entre Vol d’hirondelle, Argus et Splendens. Et évidemment ma belle palette de mélanges de Lucie de La Pigmentière.

Pour finir

Fierté d’avoir participé !

Je suis particulièrement reconnaissante à Julie et Claire pour continuer d’organiser ce challenge. Non seulement j’ai adoré les thèmes, mais en plus cela m’a permis de reprendre les pinceaux après une petite pause.

Je suis fière d’avoir participé mais aussi bien contente de mes illustrations. Même si leur simplicité n’est pas à mon goût, j’ai beaucoup aimé changé de façon de peindre : tracer des traits puis peindre, au lieu de me cantonner à mon dessin habituel à l’encre de chine.

Bilan sur ma palette de voyage

Sans surprise ma palette de voyage est géniale.

La palette de mélange fabriquée par Lucie La Pigmentière s’adapte parfaitement. Mes rangements pour les pinceaux sont à perfectionner, cependant ce n’est pas gênant.

Ni trop de couleurs, ni trop peu. J’ai les couleurs de base pour faire plein de mélanges, certaines couleurs que j’utilise beaucoup trop pour ne pas les avoir toutes prêtes à l’emploi, et quelques couleurs bonus/chouchou. Si un article de blog sur le choix de mes couleurs vous intéresse, n’hésitez pas à me le dire !

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Urban Sketching : ce que le Symposium de Toulouse m’a appris

En juillet 2026, Toulouse a accueilli le 14ème Symposium International Urban Sketchers, un événement qui a rassemblé pendant quatre jours des dessinateurs venus du monde entier. J’ai décidé de partager avec vous aujourd’hui ce que j’ai appris durant cet événement hors du commun.

Intro

Je ne suis pas « urban sketcher ». Je suis aquarelliste, et je travaille le plus souvent seule dans mon « atelier » (autrement dit, à mon bureau dans mon appartement). On pourrait donc se dire que je n’étais pas visée par ce type d’évènement, et pourtant, me voilà à vous en parler.

Comme quoi la couleur, l’aquarelle, ça fait voyager, et ça nous sort de notre petite zone de confort !

Alors, pourquoi cet événement m’a-t-il autant marquée ? Parce qu’il a été pour moi une véritable révélation… Non, je ne deviens pas urban sketcheuse, mais… Je crois que nous pouvons tous être urban sketcheur ! Il suffit de se lancer…

Qu’est-ce que l’urban sketching ?

L’urban sketching consiste à dessiner sur le vif, directement face à son sujet. Une rue, un café, une gare, un arbre, des passants…

Le mouvement Urban Sketchers serait né en 2007 autour d’une idée simple : montrer le monde, un dessin à la fois. Sa charte insiste sur l’observation directe, le partage et la diversité des styles : il n’existe ni technique imposée, ni niveau minimum pour participer.

Pour moi qui suis observatrice et qui aime contempler, l’urban sketching était assez impressionnant. Finalement, on y croise aussi bien des dessinateurs professionnels dessinant à l’encre avec une précision incroyable que des aquarellistes aux techniques très libres et non académiques ! Et vu l’exercice, même les professionnels font, volontairement ou non, des dessins qu’un quidam jugerait en un coup d’oeil : « oh mais même mon fils de 4 ans fait mieux ! ».

Comment trouver un groupe près de chez soi ?

Si l’expérience vous tente, le plus simple est de chercher s’il existe un « chapitre » (c’est comme ça que ça s’appelle) Urban Sketchers près de chez vous. Le réseau est organisé en groupes locaux qui proposent régulièrement des sorties pour dessiner ensemble.

À Toulouse, le mouvement est notamment porté par l’association Dessiner sur le vif, qui rassemble les personnes intéressées par le dessin sur le terrain et organise notamment des rendez-vous à thème.

Il est également assez facile de trouver ces groupes sur les réseaux sociaux, notamment en recherchant « Urban Sketchers » suivi du nom de sa ville, ou en passant par les réseaux Urban Sketchers.

Le Symposium Urban Sketchers de Toulouse, c’était quoi ?

Du 15 au 18 juillet 2026, Toulouse est devenue un immense terrain de dessin. Des milliers de participants venus de nombreux pays se sont retrouvés pour suivre des ateliers, assister à des conférences, participer à des démonstrations et surtout dessiner ensemble dans toute la ville.

Les places du Capitole, les quais de la Garonne, les marchés ou les rues de la Ville Rose se sont transformés en ateliers à ciel ouvert. Rue du Taur, où se trouve la boutique de créateurs Les curiosités d’Arboria, où je suis exposante, il y avait même des rendez-vous officiels ! J’en parle juste après…

Le Symposium ne se résumait pas aux activités réservées aux participants inscrits. Plusieurs rendez-vous étaient ouverts au public ET gratuits. C’est ceux-là que j’ai repérés, parce qu’ils me permettaient de découvrir l’urban sketching sans avoir besoin de me lancer dans un atelier payant au thème éloigné de ma pratique. Et soyons honnête, je ne savais même pas qu’il fallait s’inscrire… Je l’ai appris sur le tas !

Et c’est finalement l’un de ces rendez-vous (gratuits et publics) qui m’a permis de franchir le pas. Parmi eux, les « Drink ‘N Draws » me faisaient particulièrement envie : des rendez-vous très simples où l’on se retrouve pour manger ou boire un verre avant de sortir son carnet pour dessiner ensemble.

Ma palette usk 2026 et le carnet Une Envie de Papier
Ma palette « minimaliste » de fabricante d’aquarelles artisanales : pas si minimaliste hihi

Je deviens urban sketcheuse pour un soir !

J’ai eu la chance que l’un de ces rendez-vous ait lieu dans mon quartier, un endroit où je passe pas mal de temps, en fin de journée. C’était l’occasion idéale de me lancer… même si, pour être honnête, j’étais très intimidée.

Une de mes amies, bénévole du symposium, a fini par m’y donner rendez-vous. Je ne pouvais plus reculer. Et c’est sa présence qui a été un coup de pouce pour moi : je me suis installée par terre avec d’autres dessinateurs, comme ça, aussi simplement ! Une fois assise, j’ai pu faire comme le reste du troupeau, me camoufler, incognito ! C’est tout ce à quoi j’aspirais : que personne ne me regarde !

Et une fois assise, un peu calmée, je me suis rendue compte que j’aurais pu m’assoir avec ce groupe même sans mon amie, car personne n’a semblé vouloir nous demander nos papiers d’identité ni questionner ma légitimité à les rejoindre. Tous étaient concentrés sur leur dessin de l’instant, leur sujet et éventuellement prêts à partager des remarques sympathiques et des saluts.

Pour cette raison, j’ai trouvé cette communauté hyper bienveillante. Dans une forme de bienveillance passive : chacun fait sa popote de son côté mais ensemble. Chacun est concentré sur sa propre pratique et son propre sujet.

J’ai d’abord observé et prenant mes aises, j’ai fini par sortir mon matériel. C’est finalement le fait d’être déjà sur place qui m’a fait basculer. Finalement, je crois que le plus difficile n’était pas de dessiner, mais de venir et d’oser m’installer.

Depuis mon bureau, j’ai beau me dire que j’aimerais bien tenter l’urban sketching mais tant que je ne suis pas dehors, il ne se passe rien. Ce soir-là, le mélange d’un engagement envers une copine et du caractère exceptionnel (international !) de l’événement m’a offert l’occasion d’enfin mettre le pied à l’étrier.

Trouver son propre point d’accroche

Il y avait pourtant une autre difficulté pour moi : je ne savais pas vraiment quoi dessiner.

Mes sujets habituels sont les animaux ou les situations imaginaires. J’aime beaucoup le thème de la rencontre. C’est plutôt difficile de transposer tout ça, du moins de mon point de vue. Le rendez-vous au bord de la Garonne un soir de juillet n’offrait pas ces sujets-là, a priori. L’urban sketching me demandait donc de changer complètement mon fusil d’épaule.

Ce qui m’a finalement permis de me lancer, c’est de trouver un élément qui me parlait vraiment. Ce soir-là, il y avait un très beau clair de lune juste à côté du dôme de La Grave.

Magnifique vue nocturne USK 2026 TOulouse
La beauté de cette vue svp : le dôme, le mur de briques toulousaines et le clair de lune.

Je ne sais pas si c’est comme ça qu’on fait de l’urban sketching, mais il m’est même venu à l’esprit que la prochaine fois je pourrais tout aussi bien peindre ce que je vois et ajouter une lune ou un animal inexistant – histoire de m’aider à peindre des scènes de ville.

Allez, prochaine fois : une poubelle qui déborde avec des rats qui font la fête !

Une fois mon sujet trouvé, je me suis lancée. L’avantage du carnet en papier aquarelle, c’est qu’on ne peut pas gommer 36 fois au risque d’abîmer le papier. J’ai donc posé des premiers traits, qui ne m’ont pas convenu. Et c’est là que l’entraide du groupe m’a été particulièrement utile. Mon amie s’est penchée vers moi et m’a donné un petit tips d’urban sketcheur et hop c’était bon ! Et ça, j’ai trouvé ça précieux.

Mon carnet une envie de papier pour l'aquarelle
Ma palette de voyage, dans une boîte récup, et mon carnet Une Envie de Papier.

Apprendre à finir un dessin… même quand il n’est pas fini

Pour quelqu’un qui a l’habitude de travailler à son bureau, avec tout le temps nécessaire pour commencer une illustration et la terminer, l’urban sketching peut aussi être assez déroutant.

Il faut accepter de sauter certaines étapes.

Par exemple, j’ai l’habitude de dessiner à la plume et à l’encre. Mais sur place, sortir ma plume, mon encre et tout le matériel nécessaire me semblait beaucoup trop compliqué.

Je n’avais pas envie de remplacer complètement cette façon de faire par un simple stylo, alors je suis finalement restée sur une première esquisse au crayon de papier.

Et puis il y a le temps.

En urban sketching, le dessin n’est pas forcément terminé parce que vous avez décidé qu’il était terminé. Il peut l’être parce que le sujet disparaît.

C’est particulièrement évident lorsque l’on dessine des personnes : elles bougent, changent de position, se lèvent et parfois quittent tout simplement les lieux. Il faut alors accepter que le dessin s’arrête là où il en est.

Mais même lorsqu’on dessine un bâtiment, un paysage ou une rue, le temps peut imposer sa propre fin. La lumière change, une animation commence, quelque chose se passe dans la rue… ou tout simplement, la session de dessin se termine.

C’est exactement ce qui m’est arrivé ce soir-là. Le groupe commençait à partir et je ne me voyais pas rester seule. Mon dessin était donc terminé, que je le considère ou non comme terminé.

Et finalement, cette contrainte est intéressante.

Elle oblige à aller un peu plus vite, à moins s’attarder sur chaque détail et à accepter qu’un dessin puisse être imparfait.

On peut toujours décider de le reprendre plus tard, de le retravailler, de recommencer le sujet autrement la prochaine fois, ou simplement d’essayer d’être plus rapide la fois suivante.

Dans mon cas, je n’ai d’ailleurs toujours pas retravaillé ce premier croquis. Mais j’en ai bien l’intention, parce que j’aime vraiment ce que j’ai réussi à capturer ce soir-là : la vue sur la Grave, le clair de lune, la lumière qui se réverbérait sur les murs de briques et ce ciel d’un bleu presque noir.

La prochaine fois, je crois simplement que j’essaierai d’être plus rapide. Et que j’accepterai d’en faire soit des dessins terminés, soit des dessins préparatoires.

USK 2026 toulouse Le dôme de La Grave
J’ai eu le temps de poser une couche, trois couleurs, et le temps était écoulé.

Seul devant sa feuille, mais jamais vraiment seul

C’est probablement l’une des choses que j’ai le plus appréciée dans cette expérience : l’urban sketching est une activité très individuelle qui se pratique pourtant en collectivité.

Pendant que l’on dessine, chacun est finalement seul face à sa feuille. On peut observer, réfléchir, essayer, se tromper… tout en étant entouré de personnes qui font exactement la même chose.

Et puis, lorsque quelqu’un termine son dessin, les échanges commencent naturellement.

On discute de la technique utilisée, de la façon dont on a choisi son point de vue, de la manière dont on a réussi tel ou tel détail. On découvre des façons de faire complètement différentes de la sienne.

Par exemple, j’ai été assez amusée par une remarque que l’on m’a faite ce soir-là.

Comme j’ai l’habitude de peindre à mon bureau avec des pinceaux assez fins, j’ai naturellement conservé cette façon de travailler. Quelqu’un a été très étonné par la minutie de certains détails de mon dessin et m’a demandé quel était mon secret pour réussir à peindre des choses aussi précises.

La réponse était finalement beaucoup moins mystérieuse que ce qu’il imaginait : je n’utilise tout simplement pas de pinceau à réservoir d’eau. J’avais apporté mon petit pinceau fin habituel.

C’est un détail, mais j’ai trouvé cet échange très intéressant. Parce que lorsque l’on travaille seul, on finit par oublier que notre manière de faire n’est pas forcément celle des autres. On ne se rend pas toujours compte que certaines de nos habitudes peuvent sembler surprenantes à quelqu’un d’autre.

Et c’est aussi ce que j’aime dans les carnets d’urban sketchers. Même si je connaissais déjà un peu cette pratique, je suis toujours fascinée par le dynamisme qui se dégage de leurs carnets. En quelques traits, quelques taches de couleur et parfois quelques minutes seulement, ils arrivent à donner une impression de mouvement, de vie et d’instantanéité.

C’est une façon de dessiner qui me semble très différente de mon travail habituel, mais qui me donne justement envie d’expérimenter.

Et puis il y avait la question de la couleur

Un autre aspect m’a particulièrement intéressée pendant cette soirée : les palettes utilisées par les différents participants.

En tant que fabricante d’aquarelles, forcément, je ne pouvais pas m’empêcher de regarder ce que les autres avaient dans leurs boîtes !

Et j’ai découvert qu’il n’existe pas une seule manière de construire sa palette pour faire de l’urban sketching.

Certains travaillent avec une palette extrêmement réduite, parfois avec seulement quelques couleurs soigneusement choisies. D’autres ont leurs couleurs fétiches, qu’ils utilisent presque systématiquement, même lorsqu’elles ne correspondent pas à des couleurs monopigmentaires (les classiques à mon sens comme vert phtalo, rose quinacridone, bleu outremer, etc).

Et puis il y a ceux qui utilisent la couleur de manière beaucoup plus libre.

J’ai vu des scènes peintes avec du rose fluorescent, ou avec des couleurs qui ne correspondaient absolument pas à celles que l’on avait sous les yeux. Pas forcément pour rechercher un effet extravagant : simplement parce que c’était leur manière de traduire ce qu’ils voyaient ou ressentaient. J’ai trouvé ça très intéressant.

Quand on peint une scène observée directement, on pourrait avoir tendance à se dire qu’il faut essayer de reproduire les « vraies » couleurs. Or, les carnets que j’ai vus montrent justement qu’il n’y a pas forcément de bonne couleur. Chacun fait ses choix.

Palette de voyage composée de plusieurs couleurs de la Palette de la Merlette

Cela m’a même amenée à réfléchir à ma propre palette minimale. Si je devais partir dessiner avec seulement quelques godets, quelles seraient vraiment les couleurs dont je ne pourrais pas me passer ? Si tu as envie de me dire en commentaire quelle est ta sélection minimale de couleurs pour peindre, je te lirai avec plaisir.

Il n’y a pas une seule bonne façon de regarder

Une autre chose que j’ai progressivement comprise en découvrant l’urban sketching, c’est que l’objectif n’est pas forcément de reproduire fidèlement ce que l’on a devant les yeux. Et du coup, c’est moins intimidant.

On pourrait facilement imaginer que, puisque l’on dessine d’après observation, il faut respecter les proportions, la perspective, les couleurs et tous les détails du lieu. Mais ce n’est pas vraiment l’idée. Un croquis traduit avant tout le regard de la personne qui le réalise.

Et c’est probablement ce qui explique la diversité incroyable des carnets et des styles que l’on peut rencontrer chez les urban sketchers. Certains vont rechercher une représentation très précise, tandis que d’autres vont volontairement simplifier, exagérer ou déformer certains éléments pour transmettre quelque chose de leur expérience du lieu.

Même la perspective peut devenir un terrain de jeu.

Pendant le Symposium de Toulouse, certains ateliers proposaient justement d’explorer des façons de déformer la perspective plutôt que de chercher systématiquement à la respecter. Cela m’a beaucoup intéressée : les règles du dessin ne sont pas forcément là pour être suivies à la lettre, elles peuvent aussi être utilisées pour raconter quelque chose.

C’est finalement assez proche de ce que je recherche dans l’illustration : il ne s’agit pas toujours de reproduire le monde tel qu’il est, mais de trouver la manière dont on a envie de le raconter.

Et cela rejoint aussi une autre chose que j’ai beaucoup observée chez les débutants : la peur de dessiner les personnes.

Moi-même, ce soir-là, j’ai préféré supprimer les passants de mon dessin.

Je m’étais dit que j’ajouterais quelques silhouettes à la fin, une fois le décor terminé. Finalement, je n’ai jamais eu le temps de le faire et mon dessin est resté sans aucun personnage. Et ce n’est pas grave. Je crois que c’est justement en pratiquant que chacun trouve progressivement sa façon de représenter ce qui l’entoure.

Les silhouettes, les bâtiments, la perspective, les couleurs, les détails… Tout cela évolue avec le temps et avec la pratique.

Il n’y a donc pas vraiment besoin de savoir « faire de l’urban sketching » avant de commencer. Il suffit de commencer à regarder et à dessiner, puis de laisser son propre style se construire petit à petit.

Ce que cette expérience m’a apporté

Au départ, je pensais surtout que l’urban sketching n’était pas vraiment pour moi.

Je ne dessine pas habituellement des rues ou des bâtiments. Je travaille seule, dans mon atelier, avec mes habitudes, mes outils et mes sujets de prédilection. Et surtout, j’avais cette petite appréhension de dessiner devant les autres, avec cette impression que mon dessin allait forcément être regardé et jugé.

En réalité, c’est presque l’inverse qui s’est produit.

Le fait d’être entourée de personnes concentrées sur leur propre dessin m’a permis de me concentrer davantage sur le mien. J’ai pu essayer, me tromper, demander un conseil, observer les autres et simplement continuer.

Je n’avais pas besoin de produire un beau dessin. Il suffisait que je dessine.

Et je crois que c’est ce que je retiens surtout de cette expérience.

L’urban sketching m’a permis de sortir de mes habitudes, mais sans me demander de devenir quelqu’un d’autre. J’ai pu partir de ce qui m’intéressait (la lune) et l’utiliser pour entrer dans une pratique qui m’était étrangère.

Je ne sais pas si je deviendrai un jour une véritable urban sketcher. L’étiquette me fait bien moins peur à présent. Je sais maintenant que je peux m’asseoir quelque part avec un carnet, regarder autour de moi et commencer à dessiner.

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La fabrication des aquarelles duochromes de Peau d’âne

Du conte au film…

Peau d’âne est un conte écrit par Charles Perrault et publié en 1694. Je l’ai redécouvert il y a deux ou trois ans en le lisant, dans sa version classique, à mon neveu et à ma nièce. Et ça a été une révélation ! En effet, le conte m’a beaucoup plu mais en plus, il m’a semblé que Peau d’âne était un parfait terreau à idées de couleurs. J’ai même beaucoup hésité sur les couleurs que j’allais fabriquer car j’avais (presque) trop de possibilités.

L’an dernier, sur les recommandations de mon amie Sophie aka Lucy Dreams, j’ai visionné l’adaptation film de Jacques Demy. Et j’ai évidemment adoré. Ce film est drôle, kitch, et il reprend l’histoire avec des clins d’œil tout à fait intéressants (mention spéciale pour la fée des Lilas voyageuse dans le temps et éprise du roi).

Dans ce film, tout est fabuleux. Ceci dit, le plus beau, cela reste les décors et les costumes ! Et c’est là que j’ai pu me décider pour les couleurs du set Peau d’âne : les magnifiques robes portées par Catherine Deneuve.

Du film à l’aquarelle…

Pour chaque costume, je vais vous expliquer mon choix de fabrication de couleur qui s’en est suivi.

La robe couleur de soleil

La robe couleur de soleil, resplendissante, un véritable bijou lumineux !

J’avais déjà fabriqué plusieurs dorés… Je trouvais dommage de me relancer dans la fabrication d’un énième mica. Alors, j’ai voulu suggérer la candeur et la beauté de la princesse. J’ai choisi de fabriquer un rose à paillettes. Ainsi, la robe couleur de soleil est devenue une aquarelle duochrome rose et doré, suggérant l’éclat de l’aube et du coucher de soleil, la jeunesse de la princesse, sa beauté et sa candeur.

Couleur de soleil allie donc deux types étapes de fabrication : une première pour le mica, et un deuxième le dosage du rose afin que celui-ci soit doux mais ne tire pas trop vers l’orangé.

Comme j’avais tout de même envie de proposer un nouveau mica, j’ai travaillé sur une aquarelle cuivrée !

Chypre est disponible sur la Boutique en ligne.

La robe couleur de lune

La robe couleur de lune, une véritable merveille… Ma préférée, il faut le dire !

Tout comme pour le doré, j’avais déjà fabriqué un argenté. Je ne voulais pas être trop redondante alors j’ai souhaité fabriquer un argenté plus scintillant, plus frais, plus bleuté. Et je l’ai travaillé de manière à ce qu’il laisse deviner des nuances gris ardoise. La robe couleur de lune est devenue une aquarelle duochrome argenté bleuté et gris-brun, reflétant la lumière scintillante de l’astre, mais aussi sa texture et sa couleur quand elle est plus sombre.

Tout comme Couleur du soleil, Couleur de lune a été fabriquée en deux temps. D’abord, j’ai fabriqué un gris brun, puis j’ai ajusté avec le mica argenté. Je souhaitais que le mica reste très clair et lumineux.

La robe couleur du temps

La robe couleur du temps, une robe confectionnée en toile de cinéma sur laquelle était projetée des images filmées d’un ciel bleu nuageux. Quel génie !

Couleur du temps est celle qui m’a donné le plus de fil à retordre car je ne voyais pas l’intérêt d’un bleu tout simple. J’avais songé à fabriquer un bleu céruléen qui granule et qui est de toute beauté. Mais cela ne me semblait pas assez royal, assez original ! J’ai donc travaillé l’idée d’un ciel mouvant, allant du crépuscule, à l’aube, au bleu ciel. J’ai choisi également de faire un petit clin d’œil à la fée des Lilas en choisissant un bleu qui tire sur le parme.

La robe couleur du temps est devenue une aquarelle duochrome magique… Elle va du parme au violine, au vieux rose, avec beaucoup de granulation.

La fabrication a été complexe, longue mais ça en valait la peine !

Couleur du temps a été très longue à fabriquer. J’ai d’abord préparé une première « pâte » d’aquarelle pervenche/parme. Puis, une deuxième couleur vieux rose. Chaque cupule a nécessité 5 à 6 couches de la première pâte mélangée à la deuxième à un moment bien précis du processus.

La peau d’âne de la princesse

Et la peau d’âne ! Une véritable peau d’âne d’ailleurs pour le film…

Pour la peau de l’âne, je ne voulais pas fabriquer un simple brun. Il me semblait que justement une aquarelle granuleuse avait tout son sens car elle pouvait alors suggérer la texture d’une peau d’animal. J’ai choisi de fabriquer un brun qui tire sur le bleu afin de faire référence à la robe la plus portée par la princesse (incarnée par Catherine Deneuve). Cette dernière étant une robe bleu turquoise.

Ainsi, Peau d’âne est un brun bleuté duochrome…

Peau d’âne est composé de trois pigments différents qui ont demandé beaucoup d’ajustement pour obtenir un brun pas trop orangé, ni trop foncé/sombre.

Conseils d’utilisation de ces aquarelles duochromes

Ce set Peau d’âne est composé de quatre aquarelles granuleuses et duochromes. Granuleuse signifie que les pigments de l’aquarelle se regroupent en petits amas, ce qui donne une texture non uniforme à la couleur voire une texture tachetée. Duochrome signifie qu’avec de l’eau, l’aquarelle se scinde en plusieurs couleurs presque distinctes.

Ainsi, ces aquarelles se révéleront avec les jeux d’eau. En mouillé sur mouillé, vous aurez plus de variations et de surprises.

Je donne des conseils plus précis dans cet article de blog : Comment coloriser à l’aquarelle ?

Si au contraire, vous souhaitez obtenir des teintes plus contrôlées, utilisez ces aquarelles avec peu d’eau. Ceci étant dit, il sera difficile de contrôler Couleur du temps. Selon les couches d’aquarelles, il y aura plus de vieux rose ou plus de parme… Impossible de savoir à l’avance. C’est ce qui la rend justement magique : son imprévisibilité !

Quelques recommandations de lectures et de vidéos

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Le conte Peau d’âne illustré (Folktale week 2025)

Bonjour ! Aujourd’hui, je vous partage un petit travail d’aquarelle réalisé durant le challenge de la Folktale Week de 2025.

La Folktale Week est un challenge créatif qui dure une semaine et qui a lieu chaque année en novembre sur les réseaux sociaux. Ce défi créatif fonctionne sur le même principe que Inktober, excepté que ce challenge tourne autour des contes et des histoires, et ne dure qu’une seule semaine.

Je prends plaisir chaque année à participer à cette session d’illustrations à l’aquarelle. Pour 2025, j’ai décidé de profiter de la sortie du set d’aquarelles artisanales Peau d’âne, et j’ai utilisé essentiellement les couleurs de cet assortiment pour peindre des scènes du conte écrit par Charles Perrault.

Le prompt de cette année était le suivant :

1 : nuit. 2 : écho. 3 : pluie. 4 : livre. 5 : enchantement. 6 : tempête. 7 : aube.

J’ai donc sélectionné quelques passages du conte à illustrer. Pour certains, j’ai dû extrapoler évidemment. C’est le cas de la proposition « écho »… Il n’est pas question d’écho à proprement parler dans le conte Peau d’âne.

Je vais profiter de que le conte est en ligne et accessible gratuitement pour vous en proposer un résumé accompagné de mes six illustrations. Ainsi, si vous voulez lire la version originale (ou même la version moderne) vous le pouvez. Et si vous avez envie simplement de parcourir mon travail, il est contextualisé.

Comme je n’avais pas beaucoup de temps à accorder au challenge cette année, j’ai décidé de peindre sur des petits formats d’environ 10 cm par 6 cm (plus petit que le format carte postale). J’ai peint en trois heures environ les illustrations. J’ai fait des dessins minimalistes, sans trop passer de temps sur les détails afin de laisser les couleurs se dévoiler à l’aquarelle.

Je participe à la Folktale week sur le thème de Peau d’âne.

Dans un royaume, la reine mourante fait promettre à son roi de ne se remarier qu’avec une femme plus belle et plus vertueuse qu’elle-même.

Première illustration à l’aquarelle pour « night » (nuit en français). Le ciel est peint avec Scylla, une couleur éphèmère. La lune resplendit grâce à Couleur de lune, une aquarelle du set Peau d’âne.

Le roi dévasté tient sa promesse. Pendant un temps il s’abandonne à son chagrin. Il hurle sa détresse à travers son royaume, seul l’écho de ses pleurs lui répond.

Puis, pressé par ses conseillers, il finit par céder et reçoit des belles dames des quatre coins du monde. Mais aucune n’est aussi belle ni aussi vertueuse que la défunte reine. Jusqu’au jour où il finit par s’apercevoir que sa fille bien-aimée pourrait bien être la seule femme qui lui permette de tenir sa promesse…

Deuxième illustration pour « écho ». Les monts sont peints avec Peau d’âne, le ciel avec Couleur du temps.

Épouser sa fille, mais quelle bonne idée ! Si les scrupules n’ont pas freiné le roi, son héritière, elle, n’en démord pas : hors de question de se marier avec son géniteur. Mais comment lui dire non ?

La princesse demande alors l’aide de sa marraine la fée des Lilas. Cette dernière l’encourage à réclamer des cadeaux difficiles à obtenir à son père. S’il ne peut pas contenter la princesse, il ne l’épousera pas.

Or, le roi parvient sans grandes difficultés à offrir à sa fille d’abord une robe couleur du temps, puis une robe couleur de la lune, et enfin, une robe couleur du soleil.

Dépitée, la marraine finit par suggérer à la princesse d’exiger la peau de l’âne chéri du roi. Car cet âne, au lieu de déjections habituelles, rend des pièces et des écus.

Mais le roi ne rechigne pas et sacrifie son âne. Il ne reste plus que la fuite pour éviter ce mariage incestueux.

C’est sous la pluie que la jeune princesse, enveloppée de la peau d’âne, s’échappe du château.

Peau d’âne peinte pour l’illustration « pluie ». La peau est peinte avec Kuma et Peau d’âne justement. Le ciel est peint avec Peau d’âne et Couleur de lune.

La princesse, vêtue de sa peau d’âne, et la trogne barbouillée de charbon, finit par se faire accepter dans une ferme, loin du royaume de son père. Là, elle s’occupe de « laver les torchons, nettoyer les dindons et l’auge des cochons ».

En secret, parfois, il lui arrive de revêtir ses belles robes. Un jour, le prince de ce royaume l’aperçoit par le trou d’une serrure alors qu’elle porte une de ses belles tenues.

Il en tombe amoureux immédiatement. Les villageois ne la connaissant que sous le nom de Peau d’âne la dénomment ainsi devant le prince.

Il finit par rentrer chez lui transi d’amour et tombe malade. Ses parents, pour lui faire plaisir, lui obtiennent un gâteau préparé par Peau d’âne.

Pour cette illustration, j’ai voulu représenter le moment de la confection du gâteau (le mot du jour était « livre »). La vue de dessus est une première pour moi. J’aime bien l’ambiance que crée Couleur du soleil avec ce rose tout doux.

Réfugiée à l’abri des regards, Peau d’âne se débarbouille pour préparer son gâteau. La magie est partout autour d’elle : la baguette qui fait apparaître la caissette contenant ses robes… mais aussi sa tranquillité dans sa petite maisonnette. Sa marraine la fée des Lilas veille sur elle.

Tandis qu’elle cuisine son gâteau, sa bague glisse de son doigt. Une belle émeraude sur un anneau d’or. Le fait-elle exprès ou est-ce un accident ?

Quand le gâteau est enfin délivré, le prince l’engloutit et manque de s’étouffer avec l’anneau…

La maison de Peau d’âne dans la forêt. Le mot du jour était « enchantement ». Il y a beaucoup de magie dans ce conte mais pour suivre la chronologie du conte, je fais référence à sa maisonnette qui la protège des regards lorsque Peau d’âne revêt ses belles robes.

Le prince garde la bague près de lui et pense sans arrêt à la jeune fille à qui elle appartient. Il finit par faire de la fièvre et les médecins diagnostiquent : il est malade d’amour.

Le roi et la reine, ses parents, viennent le voir et lui demandent de dire qui il veut épouser. Le prince explique qu’il épousera celle à qui la bague ira. Le roi fait alors annoncer dans toute la ville que toutes les jeunes filles peuvent venir l’essayer, et que celle à qui elle ira deviendra l’épouse du prince.

Le prince enfiévré d’amour sous la nuit orageuse. Le mot du jour était « storm » soit « tempête ».

S’en vient une scène mémorable et truculente où princesses, baronnes, marquises et dames du royaume s’en viennent essayer ladite bague. Mais elle ne convient à personne. Jusqu’à l’apparition de Peau d’âne… Ô surprise, la bague lui sied parfaitement !

La joie du prince est immense, et celle de ses parents pas moins. Car la fée des Lilas apparaît alors et raconte l’histoire de Peau d’âne.

La première invitation à leur mariage est envoyée au père de la princesse, ravi de retrouver celle-ci en bonne santé.

Le prince fut couronné par son père et le couple royal vécut heureux et amoureux.

Le mot du jour était « aube ». Cela me semble parfaitement conclure le conte qui finit bien.

Voilà, j’espère que ces petits formats à l’aquarelle vous auront donné envie de lire le conte si vous ne le connaissiez pas. C’est évidemment un de mes contes préférés…

Si le set Peau d’âne vous intéresse, il sera disponible sur cette page :

Set « Peau d’Âne »

Plage de prix : 28.00 € à 30.00 €

Bienvenue dans le conte merveilleux de Peau d’Âne. Pour ce set, je m’inspire des robes de Peau d’Âne du film de Jacques Demy qui me font rêver. Cet assortiment de 4 cupules de gland d’aquarelle artisanale duochrome soigneusement rangées dans leur écrin regroupe donc :

  • le rose scintillant doré Robe couleur du Soleil
  • l’argenté ardoise Robe couleur de Lune
  • le bleu parme Robe couleur du Temps (une aquarelle magique capable d’aller du bleu au violet au vieux rose)
  • le brun Peau d’Âne

Édition limitée. Disponible avec ou sans coffret kraft, mais toujours avec son nuancier à coloriser offert. Livraison à partir du 18 novembre 2025 (bien avant Noël!).

Si vous souhaitez en savoir plus sur les quatre aquarelles duochromes du set Peau d’âne, j’ai rédigé un article pour parler des coulisses de fabrication et de mes inspirations.

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Le blanc à l’aquarelle : toutes les façons de peindre ou d’obtenir du blanc

Aujourd’hui, je vous propose de faire un tour complet du blanc à l’aquarelle. Nous allons voir ensemble les différentes façons de peindre ou d’obtenir du blanc : que ce soit pour peindre un sujet naturellement blanc (comme la neige, les nuages ou un ours polaire), ou pour ajouter de la lumière à une scène (comme le reflet du soleil sur l’eau), ou pour apporter de la vibrance à une aquarelle en laissant respirer les couleurs avec des touches de blanc.

Et ne soyez pas surpris, nous ne parlerons pas longtemps des pigments blancs, car l’essentiel du travail du blanc à l’aquarelle se fait sans eux.

Rajouter du blanc

Le réhaut, qu’est-ce que c’est ?

Le mot « réhaut » désigne le fait d’ajouter du blanc pour rehausser une couleur ou raviver la lumière. Mais à l’aquarelle, la lumière vient du papier lui-même. On anticipe donc souvent ces zones dès le départ, plutôt que de les rajouter à la fin comme on le ferait à la gouache ou à l’huile.
Il existe cependant des « astuces » ou des « techniques » où l’on ajoute du blanc en finition à l’aquarelle : dans ces cas-là, on peut bel et bien parler de réhaut.

Les techniques de réhaut à l’aquarelle

L’aquarelle blanche

C’est la première méthode à laquelle on pense quand on débute.
Il existe bien de l’aquarelle blanche : on trouve notamment le blanc de Chine (plutôt transparent), le blanc de titane et le blanc de zinc (plus opaques).
Cependant, à l’aquarelle, le principe est de travailler des couches les plus claires vers les plus foncées. Si, en fin de peinture, vous ajoutez des touches de blanc à l’aquarelle, le résultat peut être décevant.
Et si vous essayez d’éclaircir vos couleurs avec du blanc, vous obtiendrez souvent des mélanges laiteux, car ces pigments sont semi-opaques voire opaques. À l’aquarelle, on éclaircit avec de l’eau, pas avec du blanc.

Le mixed media

Une autre méthode accessible aux débutants consiste à combiner plusieurs médiums.
Une fois l’aquarelle sèche, vous pouvez utiliser un stylo blanc (souvent décevant pour retrouver du blanc), du pastel sec, de la gouache blanche opaque (ma technique préférée), un crayon de couleur blanc, ou encore un Posca ou de la peinture acrylique.

La gouache blanche opaque sera plus « blanche » qu’un crayon de couleur blanc (il ressort ici en violet à cause de l’aquarelle bleue en première couche).

Selon la texture de votre papier aquarelle, ces outils réagiront différemment : sur un papier torchon, les crayons feront ressortir la texture, tandis que sur un papier satiné, vous obtiendrez un rendu plus uniforme.

Astuces pour préserver le blanc avant de peindre (débutants et niveau +)

Le fluide de masquage (ou drawing gum)

Le fluide de masquage permet de préserver les zones blanches du papier. Selon les marques, la couleur du fluide diffère, mais le principe est le même : on l’applique, on peint autour, puis on le retire.
Tous les papiers ne le supportent pas, il faut donc faire des tests avant de se lancer sur l’œuvre finale. Laissez toujours bien sécher avant de retirer le fluide, sinon le papier risque de s’abîmer.

Attendre que le papier/la gomme soient bien secs avant d’enlever cette dernière sinon elle arrache le papier.


Une astuce que je tiens de l’artiste Lucy Dreams : enduire légèrement le pinceau de liquide vaisselle avant d’appliquer le fluide pour éviter qu’il ne colle, et nettoyer ensuite à l’huile si nécessaire.
Utilisez vos pinceaux les moins précieux pour cette étape ! Personnellement, je travaille avec un pinceau en silicone (attention, selon les marques, ils peuvent laisser des traces), puis je peaufine avec un pinceau à détails protégé au liquide vaisselle.
On peut aussi détourner la technique en utilisant de la cire de bougie ou de la craie grasse, mais je ne l’ai jamais testée et il ne me semble pas qu’on puisse gratter facilement la cire ensuite.

Le ruban de masquage (ou masking tape)

Le ruban de masquage permet à la fois de fixer la feuille et d’obtenir des bords nets et blancs. On peut aussi s’en servir pour masquer de grandes zones, même si le rendu est forcément plus géométrique que celui obtenu au fluide de masquage.

C’est un bon complément quand les zones à préserver sont étendues. Je vous renvoie à la vidéo de la Danse Céleste de l’artiste Aemarielle pour en voir un exemple !

Attention toutefois au retrait : certains papiers s’arrachent facilement, donc testez avant sur un brouillon.

Tout comme la gomme de masquage, le ruban adhésif peut arracher le papier. Laissez bien sécher et allez-y doucement.

Réserver les blancs

Réserver les blancs est la technique par excellence pour « obtenir du blanc » à l’aquarelle. Elle demande de l’anticipation et c’est souvent ce qui pose le plus de difficultés aux débutants.
Le principe est simple : ne pas peindre les zones que vous souhaitez laisser blanches. Le blanc à l’aquarelle, c’est le papier !

La lumière de cette baudroie abyssale ressort bien mieux du fait que je ne l’ai pas peinte.

Choisissez donc un papier dont la teinte vous plaît, car c’est lui qui servira de lumière à votre peinture. Quand on devient plus avancé en aquarelle on aura envie d’un papier qui mettra plus en valeur les couleurs et la lumière. Mais ça vient avec l’expérience et ce n’est donc pas un critère à prendre en compte quand on débute.

Conseils pour réserver les blancs

  • Vous pouvez tracer vos formes au crayon/stylo, ou peindre directement autour.
Ici, j’ai peint en mouillé sur sec tout autour d’une zone en forme de croissant de lune. Je ne l’avais pas dessinée au préalable.
Ici, j’ai tracé la forme de la lune avant de peindre autour. Attention, si vous peignez par dessus le crayon de bois, il ne sera plus possible de le gommer.
  • En humide sur humide, il suffit de mouiller autour de la zone blanche pour éviter que les pigments ne s’y diffusent.
Les pigments ne se diffusent pas sur une zone de papier sèche.
  • Vous pouvez créer un dégradé du blanc vers la couleur, notamment en mouillé sur mouillé, une technique que j’aime beaucoup.
  • Enfin, la technique du pinceau sec sur papier sec permet de créer des zones blanches ou très claires en texturant la surface du papier.
Idéal pour suggérer les reflets de la lumière sur l’eau par exemple !

C’est idéal pour les arbres, les pelages ou tout effet irrégulier. C’est très agréable et ça ressort beaucoup mieux sur un papier à grain.

Pensez à bien sécher le pinceau et à l’incliner « à plat ».

La peinture en négatif

Une variante plus avancée est la peinture en négatif, que j’ai expérimentée grâce à l’artiste Aemarielle. Il s’agit de peindre autour des zones que vous souhaitez garder claires ou blanches, par couches successives. Au plus les zones peintes sont foncées ou contrastées, au plus les zones non peintes vont ressortir. C’est du plus bel effet !

Les effets de texture pour créer du blanc

Plusieurs effets permettent de retrouver des blancs diffus ou des zones plus claires :

  • Le vinaigre blanc (résultat aléatoire selon les couleurs et peu durable),
  • Les gouttes d’eau,
  • Le sel,
  • Le grattage du papier avec un cutter, une gomme magique ou un papier de verre (sur papier sec ou encore humide). J’utilise parfois la pointe du manche de mon pinceau pour gratter légèrement la surface.

Si cela vous tente, j’en fais la démonstration dans cette vidéo tutoriel.

Ouvrir un blanc

Une technique que j’aime beaucoup consiste à retirer la peinture pendant que je peins. On appelle cela ouvrir un blanc.

Ici, il y a de la gouache blanche sous les traits d’encre noire. Mais autour, j’ai effectué un retrait d’aquarelle avec mon pinceau légèrement humide pour créer l’effet brumeux.

Elle s’effectue pendant que la peinture est encore humide, avec un pinceau propre et sec pour absorber la couleur sans ajouter d’eau. Il faut souvent rincer le pinceau entre chaque geste. Quand vous rincez le pinceau, pensez à bien essuyer l’excédent d’eau avec un mouchoir ou un essuie-pinceaux.

On peut aussi le faire sur papier sec, en humidifiant la zone puis en tamponnant doucement avec un mouchoir – mais c’est moins certain d’obtenir du papier bien blanc.
La réussite dépend du pigment et du papier : certains pigments sont très tenaces, et les papiers coton s’en sortent généralement mieux que les papiers cellulose d’après mon expérience.

En conclusion

Le blanc à l’aquarelle se travaille autant par anticipation que par retrait ou ajout. Il n’y a pas une seule méthode : selon votre sujet, votre papier et votre style, certaines techniques vous parleront davantage que d’autres.

L’essentiel est d’expérimenter, de tester, et d’observer comment vos couleurs réagissent. Vos goûts évolueront avec le temps, tout comme votre façon de gérer la lumière.

Si je pouvais vous donner un dernier conseil : commencez par ajouter le blanc en fin de peinture, puis exercez votre œil à repérer petit à petit ces fameuses zones blanches afin de ne pas les peindre.

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Animer un atelier d’initiation à l’aquarelle en médiathèque : mon expérience

MON DERNIER ARTICLE DE BLOG : Le blanc à l’aquarelle : toutes les façons de peindre ou d’obtenir du blanc.
[je mets le lien ici temporairement, suite à une erreur de lien sur ma dernière infolettre]

Bonjour ! Aujourd’hui, je vous écris un article « coulisses d’artisan » en partageant avec vous mon retour d’expérience sur l’atelier d’initiation à l’aquarelle que j’ai donné à 10 adolescentes le 20 septembre 2025, durant les journées du Patrimoine.

10 ados et de l’aquarelle

L’atelier d’aquarelle à la médiathèque de Tournefeuille

Cet atelier de trois heures a été sollicité par la Médiathèque de Tournefeuille (Haute-Garonne) par Claire. Claire est chargée de collection et plus particulièrement du pôle jeunesse dans cette très jolie médiathèque proche de Toulouse.

La salle de la médiathèque qui a été mise à notre disposition était parfaite : à l’écart pour ne déranger personne, avec suffisamment d’espace pour que tout le monde ait son bout de table.

J’ai eu le loisir de dérouler l’atelier en autonomie, avec la présence de Claire pour les présentations et le mot de la fin. Son aide a été précieuse et très appréciée.

Colorisation d’une illustration dessinée par mes soins pour l’atelier

Un atelier d’aquarelle pour des adolescentes

C’était la première fois que je partageais mes savoirs avec un groupe aussi conséquent. J’étais plus habituée à des cours particuliers, des petits groupes, ou à mes formats vidéos sur Youtube. De plus, jusqu’à présent, j’avais travaillé soit avec des enfants, soit avec des adultes. Animer un atelier avec des adolescents, c’est un tout autre challenge !

Le groupe des 10 adolescentes était très hétérogène : des débutantes mais aussi des jeunes qui prennent déjà des cours ou qui se forment en autodidacte. L’ambiance était conviviale, surtout que certaines se connaissaient déjà. Malgré la timidité inhérente à l’âge de l’adolescence, j’ai senti qu’elles se sentaient à l’aise pour me répondre et me poser des questions.

Le plus délicat pour moi a été de gérer la différence de rythme entre les plus rapides et les plus appliquées – peut-être les plus débutantes en vérité. Je trouverais intéressant de proposer un atelier pour des non débutantes qui proposerait la révision des bases et axerait plus le temps de l’atelier sur la compréhension des couleurs, la relation à l’eau ou la partie colorisation. Dans tous les cas, j’ai déjà des idées d’ateliers à proposer autour de la couleur.

Le déroulé d’un atelier pour apprendre les bases de l’aquarelle

Notre idée était de fournir à des adolescents les clefs de l’aquarelle pour ensuite peindre une illustration.

J’ai donc travaillé sur un atelier en deux temps, à partir de mes cours, des tutoriels que j’avais déjà écrits mais aussi des retours d’expérience de mes quelques élèves : une partie apprentissage des gestes de l’aquarelle et une deuxième partie colorisation d’un dessin à l’aquarelle.

J’ai d’ailleurs écrit un article de blog sur le sujet de la colorisation récemment : Comment coloriser à l’aquarelle ?

Pour la première partie, je suis partie sur le principe d’expliquer l’aquarelle par la démonstration avec des exercices simples pour découvrir les techniques de base, le geste du pinceau, la relation de l’eau et de la couleur (le pigment), la patience.

C’est très intéressant de constater qu’avec les mêmes consignes, les résultats peuvent être très différents. Pour moi, le plus important, est de transmettre mes connaissances et les techniques de base, peu importe que le résultat soit « beau ». J’ai même envie de dire, tant qu’elles se sont imprégnées des gestes et que ça donne envie de poursuivre, c’est le principal.

Pour la deuxième partie, si les participantes le souhaitaient, j’avais à disposition des illustrations dessinées par mes soins, imprimées sur du papier aquarelle, prêtes à être peintes. Elles pouvaient dessiner leur propre illustration à coloriser, et beaucoup d’entre elles l’ont fait. C’était assez merveilleux de voir les choix de sujets : dessin animé, manga, Japon, paysage, fleurs, illustration d’imagination…

Le panda roux a été le chouchou !

Transmettre la passion de la couleur à l’aquarelle

L’avantage d’être fabricante d’aquarelle quand on anime un atelier d’initiation à l’aquarelle, c’est qu’on connaît par cœur notre matériel de base. D’autant plus, que je mets beaucoup de passion dans l’étude des pigments et la recherche des mélanges de couleurs.

J’ai sélectionné avec soin les aquarelles de l’atelier. Je propose ces couleurs dans les assortiments de « primaires ». J’ai en effet vérifié, en faisant de nombreuses expérimentations, que ces seules couleurs permettaient d’obtenir bon nombre de mélanges.

C’était très intéressant de voir le regard aiguisé de certaines participantes devant le comportement de granulation du bleu outremer et de sa tendance à se séparer avec beaucoup d’eau d’une autre couleur avec laquelle il était mélangé.

Je pouvais aussi facilement expliquer pourquoi telle ou telle couleur était plus « vive », avait un pouvoir teintant plus fort, etc. C’est un sujet qui me passionne, et j’espère avoir su en dire suffisamment sans perdre les participantes.

J’ai été très agréablement surprise de la capacité de certaines participantes à capter comment obtenir telle ou telle couleur (du beige, une teinte de peau, etc.). J’avais emmené ma palette personnelle pour prêter des couleurs, et au final, elles se sont toutes parfaitement débrouillées avec six couleurs. C’était exactement ce que je souhaitais : transmettre la passion du mélange à l’aquarelle. Ce qui selon moi reste un apprentissage important, mais un apprentissage de toute une vie d’aquarelliste !

Merci pour cette superbe expérience

Je remercie chaleureusement Claire et la médiathèque de Tournefeuille de m’avoir confié cette mission : partager l’amour de l’aquarelle avec un public jeune. Merci aux participantes, si elles passent ici sur le site !

Si vous aussi vous souhaitez proposer à votre médiathèque (ou tout autre lieu) un atelier que j’animerais, n’hésitez pas à me contacter ou à proposer de lire cet article à votre médiathèque.

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Plongée dans la Foire aux livres de Jégun : une escapade pleine de couleurs

Bonjour ! Aujourd’hui j’ai envie de faire un article un peu plus axé « coulisses d’artisan » en vous emmenant à la Foire aux livres anciens et d’occasion de Jégun (joli village situé après Auch, dans le Gers), organisée chaque année (depuis 6 ans) par l’association Le Livre des Champs.

Pouvoir participer à cet évènement était une superbe opportunité pour moi. C’était l’occasion de présenter mes créations, de rencontrer des visiteurs et de partager ma passion pour l’aquarelle avec un public sensibilisé à la littérature, l’artisanat et l’art.

J’en profite pour remercier Laurent et Yannick, deux libraires bouquinistes organisant l’évènement, pour leur accueil !

Je présente mon travail avec une affiche faite à la main !

Comment se déroule la Foire aux livres de Jégun ?

La Foire aux livres, c’est un rendez-vous incontournable pour les amoureux du livre et de l’artisanat.

Elle réunit sur une journée des bouquinistes proposant des livres anciens et d’occasion, ainsi que des artisans et des artistes. Cela se déroule en extérieur et en intérieur, à la fin du mois d’août dans un joli petit village appelé Jégun. Sur place, il y a de quoi se restaurer et se faire des petits plaisirs sucrés toute la journée. Il y a également un stand de DVD et de disques d’occasion.

Il y a de tout dans cette Foire : du poche, du beau livre avec des dorures, de la littérature régionale, des livres de littérature jeunesse, des encyclopédies… Et tout ça, sous le beau soleil d’août dans la campagne gersoise.

J’y suis allée en 2024 en tant que visiteuse – sur conseil d’un ami qui tient La Bouquinerie à Toulouse (que vous pouvez retrouver rue du Pont St Pierre dans le quartier de Saint Cyprien) – et j’avais adoré l’ambiance.

Pendant la journée, je peins pour montrer la qualité de mes aquarelles mais également pour faire découvrir mes « aquarellages » !

Préparation du stand d’un artisan

Préparer mon stand demande toujours un peu d’organisation : choisir les aquarelles à mettre en avant, disposer mes illustrations, penser aux affiches pour expliquer mon travail ou rediriger le public vers mes tutoriels sur Youtube. Mon travail en amont, c’est donc surtout :

  • (faire) imprimer mes illustrations, les découper et les emballer pour les protéger (en cas de pluie !)
  • vérifier que j’ai suffisamment de flyers et de cartes de visite, mais aussi mes fiches conseils pour les débutants à l’aquarelle
  • améliorer ou créer des affiches pour expliquer mon artisanat
  • rassembler le matériel pour pouvoir faire essayer (gratuitement !) mes couleurs
  • et tout mettre en caisse (sans omettre le terminal de paiement bancaire et le pot d’eau, que j’oublie systématiquement…)

Depuis ma participation au merveilleux Salon du Livre de Ste-Foy-de-Peyrolières en 2024 et en 2025, j’ai appris à m’installer rapidement et de façon assez organisée. D’un côté, je place les illustrations, de l’autre, j’expose mes aquarelles artisanales. J’ai eu la chance d’avoir un stand très grand à Jégun et de pouvoir proposer un coin démonstration et test de mes aquarelles ! Plusieurs personnes (petits et grands) se sont installées pour y peindre, et c’était vraiment des moments très chaleureux.

Sur mon stand, je proposais, comme sur ma Boutique en ligne, des aquarelles à l’unité, en assortiment et les derniers demi-godets en plastique qu’il me reste.
Les tampons de La Compagnie des Elfes sur du papier aquarelle – afin de tester mes aquarelles artisanales sans avoir à dessiner !

La richesse du contact humain

Sur place, l’expérience est tellement enrichissante ! Rencontrer les visiteurs, échanger autour de mon travail et de leur expérience avec l’art et l’aquarelle, voir leurs yeux s’illuminer devant une couleur ou un dessin, c’est toujours un vrai bonheur.

Mes moments préférés de cette année (en vrac) :

  • une discussion avec deux dames absolument adorables qui m’ont parlé ateliers créatifs et expérience de cours d’aquarelle ;
  • les anecdotes de ma voisine artiste-artisane sur les animaux et son amour de la linguistique ;
  • la fille d’une bouquiniste qui a peint sur un coin de la table pendant un bon moment, et qui proposait des harmonies de couleurs lumineuses et surprenantes ;
  • la dame qui a flashé sur mon marque-page consacré au pou du livre (« Pitié, ne m’écrase pas ! ») ;
  • cette dame qui est repartie avec mon modèle d’exposition de l’aquarellage de la baleine fleurie pour l’offrir à son petit fils…
  • bonus : ce monsieur qui m’a expliqué qu’on disait « Bernard Pudens » pour la punaise dans une région de la France ! Qu’est-ce que j’ai ri – et encore plus ri quand j’ai trouvé que c’était en fait « Bernat Pudent« .
Le panda roux peint par la fille d’une bouquiniste (j’aime beaucoup son choix de couleurs !)
Mes différents marque-pages dont Le pou du livre (Pitié, ne m’écrase pas!)
Une de mes clientes rencontrées à Jégun, qui peint un marque-page tamponné par La Compagnie des Elfes
La baleine fleurie, cet aquarellage qui va être offert à un petit garçon amoureux des baleines

Mes découvertes

Et bien sûr, j’ai moi-même été émerveillée par certains stands : de magnifiques livres anciens, des planches d’illustrations botaniques, le beau travail de la relieuse Le Graphomane et les gravures à l’eau forte de ma voisine Aya Kobo…

J’y ai dégoté un très beau livre sur l’œuvre de Tolkien, le tome 3 de Dune, mais aussi des livres pour enfant pour mes nièces et neveux. Je remercie d’ailleurs mon amie Sophie de la librairie « Au cœur à l’ouvrage » pour son accueil sur son joli stand rempli de beaux livres !

Amour du Gers

Ce que je retiens surtout de cette journée, c’est la chaleur humaine et la créativité qui se dégagent de chaque coin de la foire. Le Gers est un département très beau et très accueillant. Il y a une magie dans l’air, quelque chose de doux et très stimulant pour la créativité des paysages verdoyants. Participer à cette foire m’a rappelé pourquoi j’aime tant partager mon travail et pourquoi chaque rencontre, chaque sourire, est précieux. Et j’avoue, ça m’a vraiment donné envie d’aller m’installer dans cette jolie campagne !

D’ailleurs, je l’ai mise à l’honneur ce mois-ci avec la Couleur Éphémére de septembre !

Campot, « petit champ » en occitan, est une aquarelle verte transparente très douce et d’un ton assez naturel. Elle me rappelle les champs de céréales du Gers.

Si vous n’avez pas pu venir cette fois-ci, pas d’inquiétude ! Vous pouvez découvrir mes créations directement depuis chez vous grâce à la Couleur Éphémère. Chaque mois, je propose une aquarelle artisanale unique, en édition limitée, qui arrive dans votre boîte aux lettres pour nourrir votre créativité et apporter un petit souffle de couleur dans votre quotidien.

Et vous, quel est votre moment préféré lors d’une foire ou d’un salon ? Partagez-le en commentaire, j’adorerais vous lire !

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Comment coloriser à l’aquarelle ?

Si vous souhaitez voir une partie de cet article de blog en vidéo tutoriel, voici le lien !

Colorisation à l’aquarelle : les bases pour un résultat réussi (même avec peu de matériel)

Vous aimez colorier des illustrations imprimées ou utiliser des tampons pour ajouter une touche créative à vos projets ? Vous avez envie de vous lancer dans l’aquarelle sans vous compliquer la vie ? Cet article est pour vous.

Quand on utilise de l’aquarelle sur du papier « classique », souvent peu épais ou lisse (par exemple du papier multi-technique ou du papier aquarelle à petit prix), il y a quelques petites règles à connaître pour éviter les mauvaises surprises.

Petite précision : cet article s’adresse à vous même si vous tamponnez ou même si vous comptez peindre des coloriages imprimés sur du papier dit « pour l’aquarelle » en cellulose. En effet, selon la qualité dudit papier, le résultat est parfois assez proche de ce qu’on retrouve sur des papiers multi-techniques.

Si vous souhaitez en savoir plus sur le papier pour l’aquarelle, je vous propose de lire cet article : Comment choisir son papier aquarelle ?

Gérez l’eau avec justesse

L’aquarelle, c’est avant tout une histoire d’eau… mais pas trop ! Si votre papier n’est pas épais (moins de 300 g/m²), il peut vite gondoler ou se déchirer.

Quelques conseils simples :

Le pinceau ne dégouline pas d’eau

Utilisez un pinceau essoré, chargé mais pas dégoulinant. Vous pouvez par exemple tapoter légèrement le pinceau sur un essuie-tout ou un essuie-pinceaux lavable avant de peindre.

La préparation de votre couleur en amont

Utilisez une palette de mélange (ou une assiette), plutôt que d’aller directement piocher la couleur dans le godet d’aquarelle. De cette façon vous obtenez la couleur que vous souhaitez sans mauvaise surprise : pigments mal mélangés, pinceau trop chargé en pigment, couleur trop diluée…

Pour les plus pressé(e)s…

Si vous n’avez pas de palette de mélange : humidifiez le godet en vaporisant un peu d’eau dessus, ou déposez une goutte d’eau dans le godet ou frottez votre pinceau bien mouillé. Mélangez bien, puis prenez de la couleur avec le pinceau.

Attention, cela ne vous permettra pas de peindre une grande surface de papier d’un coup. Et ce n’est pas très économique car vous risquez de gaspiller de l’aquarelle en chargeant trop le pinceau et en le rinçant juste derrière.

On teste sa couleur !

Et testez votre couleur sur un autre papier avant de peindre la version finale ! Cela vous évitera de découvrir que votre couleur est trop foncée ou trop diluée. Ou carrément que ce n’est pas la couleur que vous vouliez (car l’aquarelle sèche dans son godet n’est pas de la même couleur que celle obtenue sur papier).

N’abusez pas de la quantité d’eau

Privilégiez plusieurs fines couches plutôt qu’une seule très mouillée. Même un papier cellulose de qualité moyenne supporte mieux deux ou trois couches d’aquarelle (avec un temps de séchage entre chacune) plutôt qu’une couche très chargée en eau. Cela vous évitera d’imbiber le papier d’eau, de le fragiliser et de le déchirer.

On fixe le papier !

Fixez votre papier avec du masking tape ou du ruban de peintre sur une planche rigide (préférable à votre bureau pour pouvoir tourner le dessin) avant de commencer, surtout si vous souhaitez mouiller un peu plus certaines zones. De cette manière il gondolera beaucoup moins. Petite astuce : vous pouvez aussi laisser votre aquarelle entre deux livres pendant quelques temps (c’est valable pour un carnet).

Si vous peignez dans un carnet de coloriage, vous pouvez quand même fixer le tout.

Avec ces petits gestes, votre expérience sera bien plus agréable. Et vous aurez des résultats plus vibrants et plus maitrisés.

Bonus : Faire ressortir la granulation de l’aquarelle sur papier lisse

Vous utilisez des aquarelles granuleuses mais votre papier est tout lisse ? Pas de panique, vous pouvez quand même mettre cette belle texture en valeur.

Voici une technique toute simple : l’humide sur humide

  1. Humidifiez légèrement la zone à peindre avec de l’eau propre. Le papier doit briller sans faire des « flaques » d’eau.
  2. Déposez ensuite votre aquarelle, soit très concentrée directement, soit en plusieurs couches jusqu’à l’intensité souhaitée. Prenez bien en compte que votre papier étant déjà mouillé, il ne faut pas que votre pinceau soit trop chargé en eau (revenez donc aux premiers conseils plus haut).

Cette technique appelée « mouillé sur mouillé » ou « humide sur humide » est expliquée dans cet article de blog : 4 techniques de base à l’aquarelle pour débutants.

Alternative ou technique complémentaire : rajouter de l’eau

Vous pouvez aussi peindre normalement, puis revenir ajouter un peu d’eau claire par endroits pour « réveiller » la granulation.

Pour ce faire, soit vous rincez votre pinceau et vous le trempez dans l’eau propre, soit vous le trempez de nouveau dans votre jus (la couleur préparée dans votre palette de mélange). Tentez en essorant le pinceau sur un essuie-tout (en le posant simplement dessus) puis sans l’essorer. Selon la taille de votre pinceau, il déposera ainsi plus ou moins d’eau.

Jouez avec votre support pour que les pigments voyagent

La plupart du temps, laissez sécher à plat, sans trop bouger le papier, pour que la granulation se pose joliment. Ou au contraire, inclinez votre support pour que les pigments bougent en suivant les mouvements de l’eau. Amusez-vous !

Ces conseils fonctionnent très bien avec les pigments naturels ou certaines couleurs spéciales comme celles que je propose dans la Couleur Éphémère.

Si la granulation est un sujet qui vous intéresse, j’ai approfondi le sujet dans cet article : La granulation à l’aquarelle.

Et pourquoi pas un fond à l’aquarelle, puis un tampon par-dessus ?

Envie de varier un peu ? Vous pouvez aussi créer un fond à l’aquarelle, puis tamponner votre motif par-dessus une fois sec. Voici un pas à pas simple :

  1. Fixez votre papier sur un support rigide à l’aide de masking tape.
  2. Choisissez quelques couleurs d’aquarelle et réalisez un fond simple (lavis, taches, dégradés…).
  3. Laissez bien sécher. Si vous êtes pressé(e), un petit coup de sèche-cheveux à basse température peut aider.
  4. Une fois le papier bien sec, tamponnez votre motif à l’encre permanente (type Versafine ou Archival).
  5. Vous pouvez repasser certains traits au stylo noir pour plus de contraste.

Pour plus d’idées pour peindre des fonds à l’aquarelle, lisez cet article : 6 techniques pour faire un fond à l’aquarelle.

Bonus : mon matériel préféré pour coloriser des tampons à l’aquarelle

Le papier

Même si j’apprécie beaucoup de peindre sur du 100% coton, pour coloriser des motifs tamponnés, j’utilise plutôt du papier épais mais lisse. Ainsi, toute la finesse du motif ressort parfaitement. Mes papiers préférés :

Les tampons

Je suis une amoureuse inconditionnelle des beaux tampons de La Compagnie des Elfes : ils sont fabriqués en France par une artisane consciencieuse et qui propose un large catalogue de choix. Ils sont de bonne qualité, les motifs sont toujours très fins et ils vieillissent très bien. L’avantage : ils peuvent être achetés non montés sur bois. Ils sont alors collés sur une mousse électrostatique – ce qui fait qu’avec un seul support, vous pouvez tamponner n’importe quel tampon. Quel gain de place !

Mes motifs préférés (en dehors de ses nouvelles collections qui sortent régulièrement)

L’encre

J’utilise trois encres waterproof pour tamponner avant de peindre, avec une grande préférence pour la première que je trouve vraiment belle :

L’aquarelle

Je ne pense pas que vous serez surpris si je vous dis que j’utilise évidemment mes aquarelles artisanales. Comme je peins des illustrations dessinées à la main et que je colorise également des tampons, j’ai quand même quelques conseils en ce qui concerne la colorisation – ma pratique de l’aquarelle étant différente alors.

  • J’utilise de préférence des aquarelles semi-transparentes ou transparentes. Pour les couleurs semi-opaques, je les dilue bien – quitte à repasser plusieurs couches pour avoir la saturation voulue. Cela afin de ne pas masquer le motif préalablement tamponné.
  • J’aime peindre de façon très diluée sauf quelques détails pour ne pas « saturer » les motifs que je tamponne qui sont souvent déjà bien beaux et pleins de détails.

Mes couleurs préférées pour coloriser :

  • Coré, un beau rose bien flashy et semi-transparent
  • Somnia, un rouge orangé saturé semi-transparent
  • Ouranos, un bleu clair granuleux
  • Khors, un jaune semi-transparent un peu chaud

N’hésitez pas à jeter un œil à ma Boutique et à me demander conseils, je serai ravie de vous aider à choisir vos couleurs. Et si vous avez envie de découvrir une aquarelle artisanale différente chaque mois, pensez à l’abonnement à la Couleur Éphémère !

J’espère que ces quelques conseils vous permettront de vous lancer dans la colorisation avec moins d’appréhension et avec beaucoup de plaisir ! Si vous avez des questions, l’espace commentaire est là pour ça !

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C’est quoi un DTIYS ?

Qu’est-ce qu’un DTIYS ? Un défi créatif pour les aquarellistes

Le DTIYS, acronyme de « Draw This In Your Style » (traduit par « Dessine ceci dans ton style »), est un défi artistique populaire sur les réseaux sociaux, notamment sur Instagram. Le principe est simple : un(e) artiste partage une illustration originale, invitant d’autres créateurs à la réinterpréter dans leur propre style artistique.

Je propose moi-même un DTIYS chaque année, à l’anniversaire de la Palette de la Merlette (en mai).

Illustration des escargots amoureux DTIYS aquarelle

Pourquoi participer à un DTIYS ?

Il y a plusieurs intérêts à participer à ce type de challenge créatif.

  1. Stimuler la créativité : Ce défi offre une base de travail, permettant de se concentrer sur l’expression personnelle sans partir de zéro. C’est un défi idéal si vous ne savez pas quoi peindre !
  2. Développer son style personnel : En adaptant une œuvre existante, les artistes (débutants ou professionnels) peuvent explorer et affiner leur propre style. Il suffit d’identifier un ou plusieurs éléments reproductibles à votre niveau et de les refaire à votre sauce.
  3. Créer des liens avec la communauté : Participer à un DTIYS favorise les échanges avec d’autres artistes et permet de découvrir de nouvelles personnes. C’est typiquement le genre de challenge durant lequel j’ai découvert des artistes que je n’aurais jamais découverts autrement.
  4. S’exercer techniquement : Reproduire une illustration dans son style permet de pratiquer différentes techniques et d’expérimenter de nouveaux médiums. Par exemple, au lieu de se concentrer sur le dessin, vous pouvez choisir de vous exercer à l’harmonie des couleurs !

Le DTIYS et l’aquarelle

L’aquarelle, avec sa transparence et sa fluidité, se prête particulièrement bien au DTIYS. Les artistes peuvent jouer avec les nuances, les superpositions et les effets de lumière pour réinterpréter l’œuvre originale. Que ce soit en utilisant des techniques traditionnelles ou en combinant l’aquarelle avec d’autres médiums, les possibilités sont vastes. Bien sûr, rien n’oblige d’utiliser l’aquarelle ! Et il est possible d’utiliser un médium différent de celui utilisé dans l’illustration originale.

Je suis en amour de l’aquarelle, alors je trouve ça toujours très sympa de reprendre une illustration réalisée en digitale ou à la gouache, car ça me permet de me demander comment réaliser ceci ou cela à l’aquarelle. De même, quand l’illustration originale est à l’aquarelle, cela me permet de me demander comment je vais réussir à reproduire le même résultat sans connaître les étapes de process créatif de l’artiste.

Comment participer à un DTIYS ?

  1. Choisir un DTIYS : Recherchez des défis en cours sur Instagram en utilisant des hashtags tels que #DTIYS ou #DrawThisInYourStyle.
  2. Créer votre version : Réalisez votre interprétation de l’illustration en respectant les éléments clés tout en y apportant votre touche personnelle.
  3. Partager votre œuvre : Publiez votre création sur les réseaux sociaux en mentionnant l’artiste original et en utilisant les hashtags appropriés (par exemple, certains artistes créent pour l’occasion un # pour regrouper toutes les participations). Depuis plusieurs mois, cette pratique est moins courante car les # ne sont plus aussi utilisés par la plateforme pour regrouper TOUT ce qui est publié.
  4. N’oubliez pas d’intégrer l’œuvre originale dans votre publication avec une capture d’écran depuis le post de l’artiste. Puis, lors de la création de votre publication, sélectionnez plusieurs images pour créer un carrousel. Ajoutez votre version de l’illustration en premier, suivie de l’œuvre originale.
  5. Respecter les règles : Certains DTIYS peuvent avoir des contraintes spécifiques (palette de couleurs, date limite, etc.). Assurez-vous de les suivre.

Conseils pour réussir votre DTIYS à l’aquarelle

  • Étudiez l’illustration originale : Identifiez les éléments essentiels à conserver dans votre version.

Les questions qui peuvent vous aider : Quels sont les sujets ? Les personnages ? Identifiez-vous un lieu ou une époque ? Est-ce abstrait ou réaliste ? Y a-t-il une dominante dans les couleurs ? Une émotion est-elle suggérée ?

  • Appropriez-vous les éléments qui vous semblent accessibles !
  • Transformez ce qui vous pose des difficultés : vous ne savez pas dessin en 3D ? Dessinez en 2D ! Vous ne savez pas dessiner de personnage ? Dessinez un animal à la place. Essayez de garder en tête l’illustration d’origine mais amusez-vous ! Personne ne vous punira pour avoir pris beaucoup de libertés.
  • Expérimentez : N’hésitez pas à tester différentes techniques (mouillé sur mouillé, lavis, etc.) pour enrichir votre interprétation.
  • Partagez votre processus : Documenter les étapes de création peut intéresser votre audience et favoriser les échanges. Ne restez pas tout(e) seul(e) dans votre coin, demandez de l’aide !

Conclusion

Le DTIYS est une excellente opportunité pour les aquarellistes de développer leur style et de s’inspirer d’autres artistes. En participant à ces défis, vous enrichissez votre pratique artistique tout en contribuant à une communauté créative dynamique. Gardez à l’esprit que si vous êtes là pour vous amuser, il s’agit toujours de rendre à César ce qui appartient à César : nommez bien l’artiste, montrez bien son travail original, et ne vous appropriez pas l’illustration finale comme étant une de vos œuvres originales sans l’accord de l’artiste…